Droit international public
Le droit international public met en scène des États. Il peut s’agir du conflit sur le bois-d’œuvre, où les tarifs douaniers imposés par les États-Unis étaient jugés illégaux par le Canada parce que contrevenant aux traités de libre-échange.
Il peut aussi s’agir de conflits relatifs au respect des droits de la personne. Secteur beaucoup moins important que les transactions internationales, il connaît une recrudescence depuis quelques années. « Il est extraordinaire de constater la vitesse exponentielle avec laquelle les possibilités se développent depuis dix ans », souligne Me Élise Groulx, présidente-fondatrice du Barreau pénal international et de l’Association internationale des avocats de la défense.
Elle invoque les objectifs du millénaire lancés par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan : relier le développement durable et les enjeux de sécurité, de paix et de reconstruction des États de droit. « Cela passe par l’adoption de législations anti-corruption, de politiques de bonne gouvernance et de mise en place de mesures d’aide internationale », souligne Me Groulx.
Pour les avocats, le potentiel provient de diverses sources : l’ONU, les organismes gouvernementaux de niveau international et les organismes non-gouvernementaux. Le site www.canadem.ca effectue une veille sur les postes ouverts : « CANADEM appuie la détermination du Canada à renforcer les activités des organisations internationales, particulièrement l’ONU, l’OSCE et autres organismes multilatéraux ainsi que leurs partenaires non gouvernementaux, qui tous visent à promouvoir les principes universels de la charte des Nations unies, la paix et la sécurité internationales, les droits de la personne et la notion de responsabilité vis-à-vis de toutes les personnes en matière de protection. » Une section du site s’adresse précisément aux avocats.
L’Agence canadienne de développement international réalise des activités sur ses propres bases et soutient celles des ONG. Son site Internet www.acdi-cida.gc.ca présente une rubrique Emplois. En 2005-2006, l’ACDI a investi 32,2 millions de dollars pour soutenir les efforts de ses partenaires dans le domaine de la primauté du droit et 48,3 millions de dollars pour appuyer les droits de la personnes. « Le financement de ces deux secteurs a augmenté de façon constante depuis cinq ans », note Bronwyn Cruden, agente de relations avec les médias à la Direction générale des communications de l’ACDI. Dans le cas de la primauté du droit, la hausse est de 103% depuis cinq ans, alors que l’augmentation atteint 130% pour les projets relatifs aux droits de la personne.
Toute une série d’initiatives proviennent des ONG elles-mêmes. L’Association du Barreau canadien ou les barreaux provinciaux pourront offrir certaines informations à cet égard.
Cheminer sur la scène internationale représente un défi. En droit international public, particulièrement dans son volet humanitaire, les avocats doivent d’abord penser à réaliser des mandats ponctuels. Pour certains, la réalisation de missions à l’étranger mène à une carrière en droit international, mais il est difficile d’en préciser le nombre.
Travailler pour une ONG exige une conscience sociale. « Les salaires y sont microscopiques, observe Me Groulx. Et le bénévolat est fréquent. On ne fait pas de droit humanitaire pour l’appât du gain. Parfois, on paie pour en faire. »
Toutefois, l’avocat qui croit à la solidarité internationale pourra y croître tout en vivant selon ses valeurs.