Le jeu dans l’entreprise en vaut la chandelle

Si vous avez gardé votre âme d’enfant, réjouissez-vous : le jeu revient en force dans l’entreprise. Recrutement, formation, service à la clientèle, innovation, aucun secteur ne semble y être épargné. Entre les bons vieux jeux traditionnels, les jeux sérieux (serious games) et la ludification des processus professionnels, tout le monde y trouvera son compte… et surtout l’employeur.

Du jeu de cartes aux serious games

Pour aborder une question délicate, pour désamorcer une situation qui pourrait s’envenimer ou encore pour améliorer l’ambiance de travail, votre gestionnaire pourrait bien en réunion vous surprendre en dégainant un jeu de cartes. Un petit « delegation poker » pour clarifier les prises de décision dans l’entreprise? Un « speed boat » pour identifier les freins liés à un projet? Un « fish philosophy » pour apporter des pensées positives à l’étage? Ou encore un « kackathon » pour créer une émulation, et non une compétition, au sein d’une équipe? Si votre supérieur est né avec un iPhone entre les mains, il penchera plus pour les jeux sérieux (serious games). Développés officiellement pour créer adhésion et efficacité au sein de l’équipe, ils permettent un retour sur investissement bien intéressant à l’employeur qui voit ses salariés se prendre au jeu de l’échelle de valeurs (classement, badge, points, récompenses…), et ce, quel que soit le type de jeux sérieux développés : ludoéducatif, infosanté (ex. : formation des infirmières), sensibilisation ludique (ex. : privilégier la collaboration à la compétition), simulation, jeux de rôles (ex. : client-vendeur), jeux de recherche ou encore jeu d’entraînement (ex. : manipulation d’une machine).

Quand l’entreprise se ludifie

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de rappeler que serious games et ludification ne sont pas des termes synonymes. La ludification est l’apport de certains éléments des jeux vidéo dans un environnement autre que le jeu, tel que le monde du travail et ses différents services (recrutement, formation, ressources humaines…). La ludification passe donc par un stade qui consiste à déconstruire le jeu vidéo, l’analyser, trouver sa plus-value (la compétition? l’interaction entre les personnages? les stratégies?…) et la transposer. Estimé à cinq milliards de dollars pour 2018, d’après Markets and Markets, le marché de la ludification vise généralement la gestion des équipes de vente (en misant, grâce aux réseaux sociaux, davantage sur le collectif et le relationnel que sur le rendement individuel) et les domaines de l’innovation et de la créativité où dorénavant la concurrence entre les équipes laisse la place à l’émulation. Petit changement de méthodes dans l’organisation? L’employeur peut également recourir à la ludification pour fédérer les collègues à ces nouvelles pratiques, avant qu’ils ne se liguent et se rebellent… Même si ludifier les processus ne semble pas difficile (l’outil de travail étant généralement numérique), il est bon de le faire en bonne intelligence pour éviter de créer un climat malsain ou de stigmatiser certains collèges… à l’image de cette caissière qui, jugée un peu lente, avait une lumière rouge au-dessus de sa caisse, contrairement aux lumières vertes pour les autres. Sans commentaire.

Pour que l’employeur ne se retrouve pas dans le rôle de l’arroseur arrosé, il devra faire confiance à des professionnels qui sauront l’accompagner dans les différentes étapes de ludification de ses processus de travail (graphisme et scénario adaptés, intégration réussie dans le processus existant, objectifs clairement définis, méthodes d’évaluation acceptées) pour éviter que la recherche de l’émulation ne se transforme en stigmatisation.

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