Avocat pro bono: Les raisons d’accepter une cause pro bono

Dans bien des cabinets, les avocats sont invités à travailler bénévolement sur certains dossiers. Quelles sont les raisons qui peuvent pousser un avocat à accepter une cause pro bono ?

Fortement encouragé dans le milieu juridique et pratiqué par une majorité de cabinets, le travail pro bono est carrément un « devoir moral », selon l’avocat Félix-Antoine Dumais-Michaud, qui a beaucoup pratiqué le pro bono au cours des cinq dernières années.

« Le droit coûte cher et il est peu accessible aux classes sociales moins aisées, qui sont souvent celles qui en bénéficieraient le plus, explique-t-il. Le pro bono permet de pallier le sous-financement majeur en matière d’accès à la justice et aux insuffisances du programme d’aide juridique. »

Avocat pro bono: Un don de soi ou un coup de pouce pour sa carrière ?

Le travail pro bono est donc une manière noble de redonner à la société. « J’y crois personnellement beaucoup, poursuit Félix-Antoine Dumais-Michaud. Cela me semble être une manière plus personnelle et plus engagée de pratiquer mon métier. »

L’autre bonne raison d’accepter une cause pro bono est de contribuer à faire avancer des idées sociales, par exemple en acceptant une cause en laquelle on croit fortement, mais dont les acteurs n’ont pas les moyens de défrayer les services de l’avocat. « Les causes environnementales, par exemple, sont souvent faites en pro bono parce qu’elles opposent des organismes et des groupes de pression peu fortunés à des multinationales de l’industrie pétrolière ou minière », dit l’avocat.

Évidemment, les causes pro bono sont aussi réalisées dans l’objectif avoué de favoriser une bonne réputation du bureau, et dans certains cas d’obtenir une forte visibilité. « Les causes très médiatisées, indique Me Dumais-Michaud, peuvent contribuer à faire connaître un bureau d’avocats et à augmenter son prestige. Certaines causes pro bono servent aussi à se faire connaître dans un secteur d’activité en particulier et peuvent être lucratives dans le futur, ouvrant la porte à de futures collaborations. »

Il faut néanmoins avoir les reins solides pour se lancer. Certains bureaux de petite taille ne peuvent tout simplement pas se le permettre, car ils n’ont pas la structure pour bien soutenir ce travail bénévole. « Il ne faut pas pointer du doigt les plus petits cabinets qui seraient trop fragilisés par le travail bénévole, pense Félix-Antoine Dumais Michaud. On ne peut pas faire de pro bono à rabais : il faut s’assurer d’y consacrer autant de temps que s’il s’agissait d’une cause bien rémunérée et d’offrir le même niveau de professionnalisme. »

Il y a néanmoins peu de bonnes raisons de s’en priver !

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