Les avocats plus sujets à souffrir d’une dépression?

De récentes études révèlent que les avocats ayant beaucoup de succès sont plus sujets à souffrir d’une dépression. Pourquoi ?

Plus le statut d’un avocat est élevé au sein d’une grande firme, plus il est à risque de souffrir de dépression. Si cet avocat est basé aux États-Unis, il court également plus de risques de souffrir d’un problème de santé (l’impact sur la santé est neutre au Canada). Ces corrélations sont « exacerbées » lorsqu’on tient compte du salaire.

C’est ce que concluent les chercheurs canadiens Ronit Dinovitzer et Jonathan Koltai, de l’Université de Toronto, après avoir comparé deux études portant sur deux cohortes d’avocats issus des mêmes promotions aux États-Unis (5 000 diplômés suivis entre 2000 et 2010) et au Canada (1 100 diplômés suivis à partir de 2010).

Les chercheurs ont identifié deux facteurs de stress principaux : la surcharge de travail et les conflits travail-famille. « Ces facteurs prévalent davantage dans le secteur privé et augmentent en fonction de la taille de la firme », précise l’étude.

Les résultats de leur recherche ont été publiés en mars dernier dans le Journal of Health and Social Behaviour.

Cette étude ébranle l’idée reçue que la santé des travailleurs s’améliore avec le statut professionnel. On se rend compte que le contexte dans lequel l’ascension professionnelle se produit a aussi son importance.

Les petits cabinets, la solution ?

Mylène est parajuriste. Elle a travaillé dans un gros cabinet du centre-ville de Montréal, puis dans un petit. Elle constate que c’est le jour et la nuit. « Dans les gros cabinets, on s’attend à un engagement total, dit-elle. C’est comme si on était marié à son travail. On ne compte pas les heures supplémentaires, alors qu’elles ne sont généralement pas payées. La pression est énorme pour produire. C’est comme une usine. Les plus petits cabinets, eux, ont souvent des valeurs plus familiales ; ils privilégient la conciliation travail-famille. »

Ce témoignage illustre à merveille une des découvertes des chercheurs de l’Université de Toronto. Ils ont observé que les avocats sortant des écoles prestigieuses affichaient un taux d’insatisfaction plus grand envers leur profession que leurs collègues diplômés d’écoles plus modestes. L’explication est la suivante : les premiers sont pressés comme des citrons dans les grands cabinets internationaux, alors que les seconds se dirigent davantage vers les petits cabinets et la fonction publique.

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