Lumière sur la recherche d’emploi passive

Les heures s’égrènent à l’horloge de votre bureau de travail. Encore aujourd’hui, vous avez eu l’impression de mourir à petit feu. Vous n’en pouvez plus de cet emploi, mais vous n’avez pas les moyens financiers de le quitter sans avoir un plan B. Comment faire pour chercher un nouvel emploi discrètement ? Le point sur la recherche d’emploi passive.

Selon l’adage populaire, chercher un emploi est quasiment un emploi à temps plein. Or, quand on travaille 40 heures par semaine, il est presque impossible de chercher activement un nouvel emploi. La recherche d’emploi passive vient donc à la rescousse. On la définit comme suit : « Une personne en poste, mais ouverte aux propositions », résume Marie Nolwenn Trillot, présidente de TOTEM, une agence montréalaise de placement de personnel.

De la subtilité, même sur LinkedIn

Que peuvent faire ces travailleurs en quête de mieux ? Peut-on vraiment utiliser LinkedIn à bon escient ? « C’est la grande question du moment », répond Marie Nolwenn Trillot. Tout le monde se questionne sur la place que doit prendre le réseau social professionnel dans la recherche d’emploi. « On ne peut pas écrire “ouvert à d’autres opportunités”, ce ne serait pas très stratégique », soulève-t-elle. Même les travailleurs en recherche active n’osent plus écrire un tel message, de peur d’avoir l’air désespérés.

Pour faire dans la subtilité, Marie Nolwenn Trillot conseille donc de laisser le profil tel quel, sans message autopromotionnel, mais de faire attention aux détails. Par exemple, insister sur ses forces et rester ouvert aux appels. « Les recruteurs tiennent toujours pour acquis qu’une personne est potentiellement en recherche d’un meilleur emploi », souligne-t-elle.

Réseautage 101

Sans nécessairement y consacrer tous ses temps libres, Marie Nolwenn Trillot suggère aux chercheurs passifs de s’intéresser aux mouvements du milieu, de questionner leurs amis, fréquenter des événements sociaux… Et dans ce genre d’événement, mettre de l’avant ses forces sans toutefois les crier haut et fort, prévient-elle. Selon son expérience, c’est par le réseautage et les références qu’il est possible de se trouver un emploi au Québec, c’est donc surtout là-dessus qu’elle propose de miser. Voyez aussi les 5 erreurs à éviter pour résauter efficacement

La recherche d’emploi passive dans transparence 

Denis Morin, professeur au Département d’organisation et ressources humaines à l’UQAM, met toutefois les chercheurs passifs en garde. Il n’est pas très à l’aise avec cette idée de cachotterie et insiste sur la transparence avant tout. « On ne quitte pas une organisation, mais on quitte un superviseur ou des collègues de travail. » Pour lui, il va de soi que le respect doit primer en entreprise. Ce respect passe par le fait d’annoncer ses intentions de quitter l’emploi.

« Je suis peut-être naïf, dit-il, mais il faut toujours garder de bons contacts avec l’employeur. » Il cite en exemple un travailleur qui avait décidé de changer d’emploi pour une entreprise concurrente, plus payante. Deux ans après le grand saut, le travailleur en question a décidé de revenir vers l’entreprise initiale où le poste était moins bien payé, mais où l’ambiance de travail était nettement meilleure. « Le monde est petit, et on ne sait pas ce qui adviendra de l’avenir », mentionne le professeur.

Confier qu’on souhaite changer de travail peut aussi jouer dans la négociation pour avoir de meilleures conditions de travail. « Avant de changer d’emploi, il y a d’autres recours », indique Denis Morin.

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