Comment réagir en cas de harcèlement au travail ?

Harcèlement sexuel, psychologique ou encore discriminatoire : ces situations se retrouvent plus souvent qu’on ne pourrait le croire sur les lieux de travail canadiens, 19 % des femmes et 13 % des hommes en ayant été victimes au moins une fois dans leur carrière. Apprenez à les reconnaître pour savoir comment réagir en conséquence.

Est-ce du harcèlement ?

Pour savoir comment réagir, la première étape consiste à savoir reconnaître le harcèlement. Contrairement aux idées reçues, le contexte sexuel n’est pas le seul concerné : il peut aussi s’agir de harcèlement psychologique.

L’une de ses caractéristiques est qu’il doit être répété, une occasion unique ne suffit pas. Est considéré comme du harcèlement psychologique une conduite hostile ou non désirée par la cible, répétée, qui porte atteinte à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychologique. La notion d’objectivité est aussi importante : dans la même situation, quelqu’un d’autre que vous estimerait-il que le comportement est déplacé ? Si la réponse est oui, il s’agit bien de harcèlement. Ne sont pas considérées comme du harcèlement en revanche les remarques de l’employeur ou du gestionnaire visant à améliorer la performance par exemple, ou un conflit de travail.

L’intention compte-t-elle ? Non ! Si un collègue vous fait des remarques répétées sans mauvaise intention mais qu’elles vous dérangent, que vous lui avez demandé à plusieurs reprises d’arrêter, qu’il continue malgré tout, et qu’une autre personne qui se trouverait dans cette situation la jugerait aussi perturbante, alors il y a bien harcèlement.

Le harcèlement sexuel est un cas à part, car un seul incident, s’il est considéré comme grave, peut constituer un harcèlement sexuel, la notion de répétition n’a alors pas sa place dans le problème.

Il existe aussi des cas de harcèlement discriminatoire (basé sur le sexe, la religion, la couleur de peau, etc.) qui sont traités par la loi.

Dans quel cadre ?

Il n’y a pas que les personnes qui appartiennent à l’entreprise qui sont concernées : vous pouvez être victime de harcèlement par un collègue, un supérieur ou un employeur, certes, mais aussi par un client ou fournisseur.

De plus, il ne s’agit pas seulement du lieu de travail : tout ce qui peut être considéré comme lié au milieu professionnel est visé. Si vous déjeunez entre collègues au restaurant, vous trouvez ensemble dans les transports pour un déplacement professionnel, ou encore participez au party de Noël du bureau, toutes ces situations sont à prendre en compte. Il s’agit même pour certaines de situations à risque : entre l’alcool et la détente de ce genre d’événement, une fête de Noël peut se transformer en terrain glissant !

Comment réagir ?

Sur le coup, l’idéal est d’avoir le réflexe de demander à la personne de cesser ce comportement qui vous gêne. Malheureusement, ce n’est pas toujours aussi simple, il vous faudra peut-être passer à l’étape suivante.

D’abord, prenez des notes, vous devrez pouvoir illustrer vos accusations au besoin : date et heure, paroles échangées, attitude, etc. Si vous avez des témoins, notez-le également et demandez-leur leur appui. Réagissez rapidement, car il y a peu de chances pour que la situation se règle d’elle-même. Plus vous attendrez, plus elle risque de s’envenimer, vous rendant la vie infernale au travail et créant d’autres problèmes. Certaines personnes sont poussées jusqu’à la démission ou à la dépression, n’attendez pas d’en arriver là.

Ensuite, renseignez-vous sur la politique de votre entreprise et sur votre convention collective. Prévoient-elles des recours et actions en cas de harcèlement ? Si oui, il vous suffit de suivre les recommandations adaptées. Il peut s’agir de signaler le comportement à votre gestionnaire (si bien sûr ce n’est pas lui qui vous harcèle !), de contacter les ressources humaines ou un représentant syndical.

Si ce genre de politique n’a pas encore été mise en place dans votre entreprise, vous pouvez vous tourner vers un professionnel du droit afin de vous renseigner sur la conduite à adopter.

Certains cas de harcèlement sont considérés comme des crimes (c’est le cas des agressions sexuelles). Alors, en plus des mesures prises dans le cadre professionnel, vous avez la possibilité de porter plainte.

Quelles conséquences ?

En fonction de la gravité de la situation, la personne reconnue coupable de harcèlement peut être forcée de vous présenter des excuses ou de suivre un cours de sensibilisation sur le sujet. Elle pourrait aussi être réprimandée ou congédiée, devoir vous dédommager, ou encore faire l’objet de poursuites criminelles avec risque d’amende, voire d’une peine de prison selon la gravité de la situation.

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